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À Liévin, le couvre-feu pour les mineurs fait son retour

Publié : 12h07

Crédit image: site internet de la ville de Liévin
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Après deux suspensions prononcées par la justice, le maire RN de Liévin, Dany Paiva, a pris une troisième version de ses arrêtés sur le couvre-feu des moins de 15 ans et les regroupements. Cette fois, les mesures sont nettement plus ciblées et concernent moins de lieux publics.

Un couvre-feu désormais limité à six lieux

À Liévin, le couvre-feu pour les moins de 15 ans fait son retour. Le maire RN Dany Paiva a signé le 28 juillet deux nouveaux arrêtés : le premier interdit aux moins de 15 ans de se trouver seuls dans certains espaces publics entre 23 heures et 6 heures, le second encadre les regroupements jugés « abusifs et prolongés » sur la voie publique, de 13 heures à 1 heure. Les deux textes sont entrés en vigueur le 4 août pour une durée de trois mois.

C’est déjà la troisième version de ces mesures. Les deux précédentes avaient été suspendues par le tribunal administratif, saisi par la Ligue des droits de l’Homme (LDH). En mai, la justice avait estimé que les arrêtés n’étaient « ni adaptés, ni nécessaires, ni proportionnés ». Une nouvelle version, présentée comme plus précise et moins restrictive, avait encore été suspendue le 23 juillet.

Cette fois, la mairie a réduit considérablement le périmètre. Le couvre-feu ne concerne plus 35 lieux publics, mais seulement six : la place Gambetta, la cité Blum, le jardin public, la place Saint-Amé, ainsi que les abords des centres culturels et sociaux Carpentier et Jules-Grare. 

L’interdiction des regroupements est, elle, limitée à quatre secteurs. Les horaires restent inchangés : les moins de 15 ans ne peuvent pas se trouver seuls dans ces lieux entre 23 heures et 6 heures. Les regroupements considérés comme une « occupation abusive et prolongée du domaine public » sont interdits entre 13 heures et 1 heure.

La mairie avance ses arguments

Pour justifier ce nouveau texte, la municipalité s’appuie notamment sur douze faits relevés par la police municipale depuis juin 2025 : rixes, alcoolisations, rodéos ou encore dégradations, avec plusieurs faits impliquant des mineurs. L’arrêté sur les regroupements cite de son côté 88 procès-verbaux dressés par la police municipale entre janvier et juillet 2026.

La mairie évoque également deux pétitions. L’une a été remise au maire par des habitants de la rue Ampère en avril. L’autre a été lancée par la municipalité après la suspension des précédents arrêtés. Selon la mairie, elle aurait recueilli 1 568 signatures, en majorité de Liévinois.

Reste désormais à savoir si cette troisième version résistera au contrôle du tribunal administratif. La LDH a indiqué avoir transmis les nouveaux arrêtés à son service juridique national et attend son retour avant de décider d’un éventuel nouveau recours.